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Sung Yi 1 : In the Train (FRENCH)

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Offline Rebeccarp

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Sung Yi 1 : In the Train (FRENCH)
« on: April 11, 2022, 04:56:03 AM »
Hello everyone. It's ust the first part of a story I wrote some month ago. It's so weird and vanilla but it's all about women vs women competition. I hope you will like it !
It's about a young girl wanting to find an opponent to fight with her until death in a really weird way.

SUNG YI 1 :

Sung Yi s’endormait assise dans son siège, la tête dans sa main, le coude sur l’accoudoir. Elle regardait le vide avec des yeux mornes, son livre ouvert face à la table devant elle, qu’elle n’arrivait pas à continuer. Du coin de l’œil elle pouvait voir la femme africaine avec son bébé. Celui-ci gesticulait et se faisait sèchement réprimander. Étouffant un soupir d’ennui, Sung Yi avança légèrement ses jambes et son pieds droit toucha quelque chose. Elle jeta un œil sous la table. Son pieds chaussée de claquette venait de rencontrer le pieds sandalé de l’africaine mais celle-ci ne semblait pas l’avoir remarqué, trop occupée qu’elle était avec son petit. Sung Yi compara un instant leurs pieds. A part la différence évidente de couleur de peau entre une femme japonaise et une africaine, leurs pieds étaient plutôt semblables et cela amusa Sung Yi. Elle avait le pieds relativement large et les orteils longs pour une japonaise. De petite taille Sung Yi n’avait pourtant pas honte de ses grands pieds qu’elle trouvait beaux. La femme en face d’elle semblait plus trapue, plus âgée qu’elle et ses pieds étaient larges également, les orteils longs et on devinait dans leur disposition qu’ils étaient capable de s’écarter largement. Sung Yi écarta ses propres orteils. Elle savait le faire aussi. Leurs gros orteils se faisaient face, pratiquement ongle contre ongle. L’africaine avait du vernis rose foncé et Sung Yi un vernis noir. Leurs ongles semblaient vouloir se toucher, pointant l’un vers l’autre mais leur chaussures collées en dessous empêchaient le contact. Sung yi détourna son attention pour se jeter à nouveau dans l’ennui. Des gamins ouvrirent la porte du wagon et s’avancèrent dans le passage entre les rangées de siège. C’était un petit garçon et une fillette d’un blond éclatant. Ils n’arrêtaient pas de faire des aller-retours et à chaque fois, les yeux du garçonnet et ceux de Sung Yi s’accrochaient l’un à l’autre jusqu’à ce que les enfants dépassent Sung Yi. C’était comme une sorte de jeu, ou de guerre froide entre eux. Se fixant dans les yeux avec un visage neutre, Sung Yi et le petit garçon se jaugeaient, se jugeaient, s’affrontaient silencieusement, yeux bleus contre yeux noirs. Alors que les enfants passèrent à côté de Sung Yi, les deux adversaires tournèrent la tête pour continuer de se regarder, leur visage étant à la même hauteur et soudainement plus proches. Cela faisait une dizaine de fois que cela leur arrivait. Enfin leur yeux s’arrachèrent à ceux de l’autre. Cela faisait partie des petites distractions que Sung Yi avait trouvé pendant ce voyage en train interminable.

Ce dernier ralentit pendant que la voix du personnel annonçait le prochain arrêt. Sung Yi ne descendait pas encore, elle en avait pour longtemps à croupir sur ce siège qui commençait à lui faire mal aux fesses. L’africaine sembla s’agiter, rassemblant ses affaires, son pieds se cognant contre celui de Sung Yi qui ne bougea pas. Dans ce mouvement, leurs orteils se touchèrent, se surmontèrent, leurs ongles cliquetèrent ensemble. Lorsque l’africaine se tournait sur son siège pour fouiller dans son sac malgré son enfant sur son giron, son pieds reculait sous son siège. Sung Yi avançait alors sa jambe, comme si son pieds voulait prendre du terrain, occuper le territoire laissé vaquant par son adversaire. Alors la femme noire, renouvelant son attention sur son bébé, étendait à nouveau la jambe et les deux pieds se rencontraient frontalement, durement. La jeune maman le remarqua enfin et leva les yeux vers Sung Yi qui la fixait. Si elle voulait d’abord prononcer un mot d’excuse gêné et poli, elle vit dans le regard de l’asiatique une telle froideur, une sorte de menace, que son expression prit automatiquement la même teinte, épicée du mépris que les femmes noires savent montrer. Le long regard qu’elles s’échangèrent en disaient long sur la soudaine inimitié entre elles, née subitement, sans prévenir, à la suite d’un malheureux contact entre elles, un contact anodin, qu’avaient enflammé un échange de regard froid et méprisant. Leurs pieds s’agitèrent sous la table, leurs orteils se battaient, leurs chaussures essayaient de se surmonter, les ongles se griffaient mutuellement. Bientôt des grimaces apparurent sur leur visages alors que leur claquette et sandale se pliaient pour permettre à leurs orteils de se battre pleinement, de s’entrelacer comme des lutteurs. Alors la femme africaine posa son bébé sur le siège vide à côté d’elle, dans le tas de ses affaires et se leva. Aussitôt, Sung Yi se leva aussi. Au milieu de la tranchée formée par les sièges du train, elles se firent face silencieusement, attirant le regard des autres passagers endormis ou se préparant à descendre. Elles s’étaient levées d’un coup et étaient proches l’une de l’autre maintenant. L’africaine et Sung Yi faisaient la même taille mais Sung Yi était bien plus mince. Les deux silencieuses belligérantes durent s’accrocher aux dossiers des sièges autour d’elle alors que le train bougeait, tremblait mais leurs yeux ne se quittaient pas, leurs visages ne changeaient pas de l’expression neutre, froide et transpirant d’une haine sourde. Alors que durant des heures elles n’avaient pas fait attention à l’autre, à part quelques regards d’observation voire d’un sourire lorsque Sung Yi avait prit place en face d’elle, elles étaient maintenant envahies d’une animosité envers l’autre qu’aucune d’elles ne sauraient expliquer. Les secondes s’étendaient, se transformant en minute alors que le train progressait vers sa destination et les deux femmes se regardaient toujours. Les deux enfants blonds s’excusèrent et passèrent outre les deux femmes en se contorsionnant. Le garçonnet tourna la tête pour chercher les yeux de Sung Yi mais celle-ci ne le remarqua même pas plongée qu’elle était dans la confrontation silencieuse qui l’opposait à la femme noire. Les deux femmes ne cillaient pas, leurs yeux s’élargissaient, comme pour essayer d’englober le regard de l’autre, comme si elles voulaient mutuellement s’impressionner et s’effrayer en ouvrant grand leurs yeux. Elles n’étaient même pas séparées d’un mètre mais aucune d’elles ne faisaient le signe ou l’effort de s’approcher. Sung Yi avait le pressentiment que si l’une d’elles n’approchaient que ne serait-ce d’un millimètre, elles se sauteraient à la gorge et s’étriperaient comme deux panthères. Alors, telles deux statues, elles continuaient à se fixer, immobiles, sans bouger, comme de marbre alors que le train continuait à avancer, alors que les autres passagers se demandaient ce qu’elles faisaient, alors que certains se levaient et qu’une queue commençait à se former derrière Sung Yi.

Alors lentement, le train ralentit puis s’arrêta. On annonça l’arrêt. L’africaine détourna les yeux de son adversaire et se pencha sur les sièges pour récupérer ses sacs et son bébé. Sung Yi estimait qu’elle avait gagné et s’installa à nouveau à sa place, une ombre de sourire sur ses lèvres alors qu’elle regardait avec quelle hargne la perdante réunissait ses affaires. Une fois chargée comme un chameau, la femme noire jeta un dernier regard à Sung Yi. Un long regard, sombre, fixe, les yeux grands ouverts. Sung Yi répondit de même, prête à en découdre à nouveau. Le regard s’allongeaient et elles semblaient s’être lancées à corps perdus dans un nouveau duel. Les gens sortirent du train, la file qui s’était accumulée derrière Sung Yi se vida comme l’eau d’un fleuve, bousculant parfois l’adversaire de Sung Yi qui, avec sa charge matérielle et pondérale, obstruait le passage. Une jeune femme blonde colla son corps à celui de l’africaine et approcha son visage du sien. Sung Yi constata cela médusée et vit son adversaire reporter son attention sur cette nouvelle. La jeune femme blonde, très jolie, très svelte et l’africaine au visage gras et au nez disgracieux se regardèrent fixement pendant quelques secondes, leurs nez se touchant presque, leurs yeux grands ouverts puis le flot de passager emporta cette nouvelle adversaire, qui tournant la tête, aperçut Sung Yi assise sur son siège. L’asiatique et la blonde échangèrent elles aussi un court regard, chargé d’une rare intensité, comme si leurs yeux échangeaient des étincelles ou des rayons d’énergie. Lorsque la fille aux cheveux d’or eut disparu, l’africaine et Sung Yi se regardèrent à nouveau, reprenant leur silencieux duel là où elles l’avaient laissé. Sur la poitrine de sa mère, son bébé s’impatienta et s’agita mais cela ne troubla pas l’africaine qui durcit son visage, rendant ses traits encore plus sévères, contractant ses grosses lèvres en une sorte de cul de poule crispé. Sung Yi fit la même chose à sa manière. Elle mit toute l’intensité qu’elle pouvait dans ses yeux, faisant presque trembler son visage, son cou, les mâchoires serrées à s’en briser, les doigts crispés sur les accoudoirs. Si elles avaient pu se tuer par le regard, Sung Yi et son adversaire l’aurait fait sans hésitation. Mais le train s’apprêtait à repartir et la femme noire dut à nouveau détourner les yeux après un bruit de bouche de dédain et de frustration caractéristique. Sung Yi ne s’y trompa pas, elle savait qu’elle avait gagné même si ces deux victoires n’étaient pas vraiment glorieuses. Elles auraient dû commencer ce combat dès le début du voyage mais elles se seraient probablement sautées dessus après un moment. La jeune femme doutait que cela en serait resté là si cela avait pu durer. Elle regarda le dos opulent de son adversaire disparaître derrière la double porte automatique séparant les wagons. Elle l’aperçut à nouveau quelques secondes plus tard, sur le quai, les yeux fixés sur elles. Sung Yi changea de siège pour être au plus près de la vitre et coller son visage dessus. L’africaine se rapprocha du train, ses pieds au bord, sur le point de la faire chuter entre le quai et le train et elles se regardèrent encore, comme deux enfants plongés dans une puérile bataille de regard. Peut-être était-ce cela tout simplement même si dans l’esprit des deux femmes, ce n’était pas un jeu mais une bataille à mort où si elles n’avaient pas eu les contraintes sociales de la société, elles se seraient étripées sur la place publique et seraient sans doute mortes toutes les deux. Alors qu’elles se fixaient intensément avec pour seule barrière cette vitre salle de train, Sung Yi et l’africaine savaient que cette vitre représentait la pression de la société qui les avaient empêchées de s’entre-tuer quelques minutes plus tôt alors qu’elles étaient face à face dans le train. Cette vitre de principe leur avait sauvé la vie. Le train se remit en marche doucement, séparant les deux adversaires plongées dans leur lutte passionnée et sans pitié. Elles se regardaient de biais alors que le train avançait et que la jeune maman africaine, trop chargée, n’essaya même pas de poursuivre le train pour faire durer leur échange de regard. Sung Yi se tourna sur son siège, contorsionnant sa colonne vertébrale pour continuer le combat aussi longtemps qu’elle le pouvait.

Une fois qu’elle l’eut perdue de vue, elle reprit une position normale en soupirant de soulagement. Cela avait été beaucoup de pression mais malgré ce soulagement devant la fin de cette confrontation, elle regrettait de ne pas avoir affronté cette femme plus tôt. Comme des amants sachant que leur relation va les détruire et qu’il vaut mieux éviter le contact, elles se seraient battues et entre-tuer sans pouvoir s’en empêcher. Elles auraient pu s’enfermer dans les toilettes du train et régler cela en privé mais Sung Yi doutait qu’une d’entre elles ne s’en soit sortie vivante. Mieux valait ne plus penser à ce qui aurait pu être mais à ce qui avait été. Elle reprit son livre et continua sa lecture en espérant que le petit garçon blondinet, son dernier adversaire présent n’était pas lui aussi descendu du train.
La double porte s’ouvrit avec le bruit caractéristique d’air comprimé, Sung Yi leva les yeux et eut la surprise de voir la jeune femme blonde et sa coupe au carré apparaître dans la voiture. Leurs yeux s’accrochèrent immédiatement, éclair bleu contre éclair noir à nouveau. Sans un mot, la blonde s’avança et s’installa en face de Sung Yi sur le siège laissé vacant par l’africaine. Sans cesser de se regarder, les deux jeunes femmes, de sensiblement 18 ans chacune, s’affrontaient comme elles avaient commencées à le faire lorsque le train s’était arrêté. Sung Yi posa son livre à tâtons, ne pouvant regarder ce qu’elle faisait, refusant de cesser de regarder sa nouvelle adversaire ne serait-ce qu’une micro-seconde. Puis elle se leva doucement pour que l’autre ne pense pas qu’elle voulût lui sauter dessus et changea de siège afin d’être vraiment face à le blonde qui la regarda faire enfoncée dans son siège, les mains croisées sur son ventre plat. Sung Yi adopta à peu près la même position et la situation sembla se figer, le silence électrique entre elles étant seulement troublé par les bruits du train lancé à vive allure à travers la campagne entre deux villes. Sung Yi trouvait que cette nouvelle distraction tombait à pic. Elle avait de la chance d’être tombée sur deux maniaques comme elle dans le même train et elle comptait bien ne pas laisser passer sa chance cette fois. Elle avait envie de se battre jusqu’à la mort, de façon sauvage et cette beauté blonde était la candidate parfait qui s’imposait.
L’affrontement regard contre regard n’était qu’une étape préliminaire pour sélectionner qui sera une bonne adversaire. Sung Yi faisait ça souvent quand elle était d’humeur à se battre. Mignonne, petite, avec un visage gentil et de grands yeux noirs, personne ne se doutait quand on la voyait que Sung Yi pût cacher de telles aspirations. Le rêve de Sung Yi était de trouver quelqu’un avec qui se battre encore et encore, jusqu’à la mort. Elle n’avait pas d’autres rêves, pas d’autres aspirations, pas d’autres buts dans la vie. Elle ne voulait pas vivre vieille ni avoir des enfants et un mari. Elle voulait trouver une adversaire et mourir dans sa lutte avec elle. C’est comme ça qu’elle voulait que sa vie se terminât.
Sa recherche avait commencé huit ans auparavant lorsqu’elle et une amie s’étaient furieusement battues l’une contre l’autre alors qu’elles faisaient la compétition des notes scolaires. Une année entière d’hypocrisie et de faux semblant avait eu raison de leur amitié et alors qu’au dernier examen scolaire avant d’entrer au collège, elles avaient encore eu la même note, elles s’étaient sautées dessus sans prévenir pour se griffer, se tirer les cheveux, se donner des coups de pieds, se hurler dessus, se mordre, se rouler par terre dans le sable de la cour de récréation devant un public de garçonnets et de fillettes qui médusés, qui choqués, qui amusés, les ont peu à peu entourées avant que les surveillants n’interviennent. Ils avaient dû être trois pour séparer les deux petites furies qui se déchiraient sans pitié. Elles avaient à nouveau failli se battre dans le bureau du directeur et, personne ne le savait, mais elles avaient remit ça à la sortie de l’école, dans un parc, la nuit, à l’abri des regards, fuguant de chez elles. Elles s’étaient battues une bonne partie de la nuit avant qu’épuisées, elles ne s’arrêtent, blessées, couvertes de griffures, de morsures, les cheveux arrachés. Elles s’étaient regardées longuement, haine contre haine puis s’étaient séparées. Elles avaient dix ans à peine et à cet âge-là, avaient eu trop peur d’aller au bout de ce qu’elles voulaient. De ce que déjà, Sung Yi avait pressentit comme un désir fou : mourir en se battant contre quelqu’un d’autre. Elle avait beaucoup repensé à cela par la suite ; pas un seul jour n’était passé sans que son esprit ne s’égarât du côté de ce souvenir qu’elle finit par adorer, par chérir. Elle remerciait tout ce qu’elle pouvait remercier pour avoir vécut cela et trouvée son but dans la vie. Elle avait essayé de recontacter cette ancienne amie, espérant qu’elle ressentait la même chose, la même folle et singulière envie de se battre jusqu’au bout mais elle avait été ignorée.

Au fil des années, Sung yi s’était par la suite beaucoup battue avec d’autres filles et même contre des garçons mais personne ne voulait aller jusqu’au bout. Elle se fit virer de plusieurs établissements malgré des notes toujours très correctes parce qu’elle se battait avec tout le monde. Ses parents ne comprenaient pas et finirent par la scolariser à la maison. C’est à ce moment-là que Sung Yi commença à utiliser internet massivement, écumant les forums et les sites à la recherche de gens comme elle. Comme on trouve de tout sur internet, elle trouva. Sur Reddit, sur FreeCatfight, sur discord, sur Hostboard, sur des sites pornographiques, elle trouva des gens qui comme elle, avait le désir de se battre. Mais beaucoup ne voulaient pas aller aussi loin qu’elle et beaucoup étaient des hommes ou quelques femmes à la recherche de combats seulement virtuels. Si ces combats de l’esprit lui avait plu pendant longtemps, elle cherchait désormais davantage que cela. Le fait qu’elle ait communiqué de ces sujets, de ces intérêts communs avec des gens sur internet prouvait qu’elle n’était pas seule dans le monde à avoir ce rêve, qu’elle n’était pas folle ou à tout le moins pas la seule dans ce cas.
Et elle pensait avoir enfin trouvé quelqu’un d’intéressant en la personne de cette jeune femme blonde à la coupe au carré bien sage, aux ongles vernis de bleu marine, au corps splendide, à la poitrine jeune, pas trop grosse et fraîche.
Sung Yi se pencha en avant pour poser ses mains jointes sur la table qui les séparait. La blonde fit pareil, leurs doigts croisés face à face, pas loin de se toucher, phalanges contre phalanges. Yeux contre yeux, elle se fixaient sans rien dire, la tension entre elles grandissant, fluctuant sans jamais diminuer. Leurs doigts finirent par se toucher. Elles dénouèrent leur main uniquement pour saisir celles de l’autre. Tel un couple à présent, leurs doigts étaient entrelacés sur la table, paume vers le bas, doigts mêlés. Ce contact amoureux, guerrier, empli de contradiction fit battre le coeur de Sung Yi. c’était exactement ce qu’elle recherchait. Se battre mais d’une façon ambiguë, cet contradiction dans les sentiments était ce qu’elle recherchait. Alors que leurs doigts s’enfonçaient de plus en plus loin dans entre les doigts de l’autre, Sung Yi imaginait les gens qui pouvaient les voir. Ils s’imagineraient qu’ils avaient affaire à deux lesbiennes, ou à deux amies très tactiles alors qu’elles n’étaient que des inconnues dans un duel étrange, un duel de maniaques qui s’étaient trouvées au bon endroit et au bon moment pour tomber l’une sur l’autre. Le train continua sa route pendant une heure et les deux jeunes femmes n’avaient pas bougées d’un iota, leurs yeux ne s’étaient pas quittés une seule seconde. Elles avaient senties quelques regards sur le drôle de couple qu’elles formaient mais n’en avaient pas beaucoup prêté attention, elles étaient trop concentrées sur l’autre et sur leur confrontation. Sung Yi savait que son train arriverait dans une heure à son arrêt. Elle espérait que la blonde descendrait au même arrêt même si les chances étaient minces. En tout cas elles n’avaient pas envie que cet échange, que ce mélange s’arrête. Elle pourrait rester comme cela pendant encore des heures et des heures. Appréciant avec délectation que leur sueur de main se mélangent, que la moiteur de leur doigts s’unissent, Sung Yi avait un désir d’aller plus loin mais aussi de ne pas précipiter les choses. Étrangement, leurs mains ne se broyaient pas. Elles se tenaient les mains comme des amoureuses, face à face, sans se faire mal, ce qui était bizarre. C’était leur yeux qui se battaient, leur regard qui s’affrontaient.

« Pourquoi fait-on cela ? » demanda soudain la blonde.

Sung Yi se crispa. Était-ce la fin ? Cette femme allait-elle tout gâcher en essayant de rationaliser ce qu’elles faisaient ?

« Je ne sais pas, répondit néanmoins Sung Yi, peut-être parce que tu me regarde et que je baisserais pas les yeux.
-Mais pourquoi se tenir les mains ? Pourquoi mélanger nos doigts comme des amoureux alors que nous nous détestons profondément ? »

Sung Yi comprit que la jeune femme en face d’elle se posait les mêmes questions. Elle se pencha davantage encore :

« Qu’est-ce que tu veux toi ? »

La blonde se pencha aussi, s’avançant sur son siège :

« Et toi, que veux-tu ?
-J’ai demandé la première.
-Je m’en fiche, je t’ai posé une question.
-Tu vas d’abord répondre à la mienne.
-Certainement pas.
-Je te garantis que si.
-Je te garantis que non.
-je te garantis que si.
-Je te garantis que non. »

Elles continuèrent cet échange verbal à voix basse pendant quelques minutes, se rapprochant de l’autre à chaque fois jusqu’à ce qu’elle soit debout, les coudes appuyés sur la table, front contre front. Les gens qui pouvaient les voir les regardaient, médusés. Lorsqu’elles se redressèrent de toute leur taille, le dos droit mais les mains toujours entrelacées sur la table et toujours front contre front au-dessus de la table, il était clair qu’elles n’étaient pas qu’un couple de lesbiennes.

« Je te garantis que si.
-Je te garantis que non. »

Encore et encore. Elles semblaient bloquées dans cette boucle qu’aucune d’elles ne voulaient briser, surenchérissant à chaque fois, répondant tour à tour, sagement. Le front contre front se transforma peu à peu en menton contre menton, leur lèvres inférieures se frôlant alors qu’elles échangeaient leur phrases. Les yeux grands ouverts, fous, rageurs. Elles appuyaient leur poids sur leurs mains jointes, puis elles revinrent front contre front et alternaient ces deux positions de visage comme deux folles.

« Mesdemoiselles, y a-t-il un problème ? »

Les deux femmes se figèrent, se turent et séparèrent leur vissage. Celui qui venait de les interrompre était un contrôleur, en uniforme noir et rouge, les regardant un peu terrifié, sa commande enregistreuse dans les mains.
Sung Yi et la blonde bafouillèrent une réponse sans séparer leurs mains sur la table. Elles rougissaient comme deux adolescentes prises sur le fait en train de s’embrasser.

« Puis-je voir vos billets ? » dit le contrôleur après un bref coup d’œil à leurs mains jointes. Il devait se demander pourquoi elles restaient dans cette drôle de position inconfortable.

Pestant contre cet abruti, Sung Yi dénoua ses doigts de ceux de la blonde et toutes deux sortirent leur téléphone portable à la recherche de leur billet électronique. Une fois que le contrôleur s’estima satisfait, quoique toujours soupçonneux, croyant avoir à faire à deux folles ou à tout le moins à deux voyous, il leur dit :

« Si la cohabitation se passe mal entre ces demoiselles, nous pouvons intervertir les places avec quelqu’un d’autre ou trouver un siège libre pour l’une de vous dans le train. Je vois d’ailleurs que mademoiselle - il désigna la blonde du regard - n’est pas à sa place attitrée sur le titre de transport.
-Mais nous nous entendons très bien ! Interrompit la blonde.
-C’est justement pourquoi elles s’est déplacée. Nous sommes amies voyez-vous, intervint Sung Yi avec un sourire forcé et les joues roses.
-Des amies voilà, poursuivit la blonde après un regard incertain à Sung Yi, et nous avions envie de parler du bon vieux temps, trop heureuses d’être tombées l’une sur l’autre par pur hasard. »

Le contrôleur n’eut pas l’air convaincu :

« Il semblait pourtant que ces mesdemoiselles étiez en pleine dispute... »

Sung Yi et la blonde se regardèrent et feignirent d’éclater de rire.

« En pleine dispute ? Répéta Sung Yi, pas du tout, c’était une sorte de jeu entre nous.
-Tout à fait, une sorte de jeu, renchérit la blonde, vous savez, les amis de longue date ont parfois de drôles de délires.
-Des drôles de délire je confirme, dit le contrôleur, bien en tout cas les billets sont en ordre, je vous souhaite donc une bonne fin de voyage. »

Une fois qu’il fut partie, les deux jeunes femmes restèrent debout un petit moment, un sourire figé sur leur visage rouge de gêne, de honte et de colère alors que les passagers autour d’elles avaient assistés à toute cette scène. Sung Yi se rassit la première, suivit de la blonde. Elles échangèrent un regard ce qui fit naître malgré elles un sourire sur leur lèvre. Puis elles pouffèrent, regardèrent autour d’elles et éclatèrent ensemble de rire.

« Nous sommes folles ! » dirent-elles.

Elles discutèrent comme deux amies de ce qu’elles venaient de vivre et de faire, parlant du fait qu’elles ne se connaissaient pas, qu’elles s’étaient juste entraperçues lorsque le train s’était arrêté une heure plus tôt, juste après que la blonde soit passé à côté de cette africaine. Elles parlèrent du fait qu’elles s’étaient toutes trois regardées dans les yeux, comme si le destin les avaient réunies au même endroit en même temps, peut-être pour voir un combat d’anthologie entre elles. Elles regrettèrent que ce ne ce soit pas passé comme ça mais elles étaient contentes de discuter ensemble. Sung Yi apprit que la blonde s’appelait Tiphaine et que lorsqu’elle avait vu Sung Yi aux prises avec l’africaine dans une sorte de duel de regard, cela l’avait intéressée incroyablement.

« Je trouvais fascinant que deux personnes que tout opposent et qui ne connaissent même pas aient un tel niveau d’intimité si je puis dire. »

Sung Yi lui demanda d’expliciter et l’autre s’exécuta :

« Je voyais bien que vous étiez dans un état de confrontation. Face à face, corps tournés l’un vers l’autre, les mains accrochées aux dossiers autour de vous, comme si vous alliez vous jeter l’une sur l’autre. Et pourtant, vous ne faisiez que vous regarder dans les yeux alors que je suppose que vous étiez de parfaites inconnues l’une pour l’autre. »

Sung Yi acquiesça, Tiphaine continua :
« On dit que lorsque deux personnes ne se connaissant pas se regardent plus de dix secondes dans les yeux cela se traduit par une attirance amoureuse ou un désir de tuer l’autre. C’est en tout cas ce qui est dit en psychologie. Et c’est cela qui me fascine, cette limite floue entre haine et amour, entre passion et conflit. »

Sung Yi hocha du chef, le visage éclairé :

« C’est exactement ce que je trouve fascinant depuis des années également ! »

Ravies de tomber d’accord et de pouvoir discuter de cet intérêt communs, elles continuèrent à en discuter, leurs voix se mélangeant, parlant en même temps.

« Je fais des études d’art et je dois dire que j’ai souvent peint et imaginer ce genre de scènes. Cette proximité entre haine et amour. Je l’ai même vécues quelques fois avec un ou deux garçons. Nous nous aimions mais lorsque nous nous disputions, lorsque la cocotte-minute explose, nous ressentions alors de la haine l’un pour l’autre.
-Je n’avais encore jamais trouvé quelqu’un qui pense la même chose que moi, admit Sung Yi, à part aujourd’hui avec toi… Et cette africaine visiblement. Quel dommage qu’elle soit descendue de ce train ! »

Tiphaine partageait cet avis. Un silence se fit, chacune perdue dans ces pensées. Tiphaine regardait le vide devant elle, le visage légèrement de biais, fixant un point à la droite de Sung Yi, sur le siège à côté d’elle alors que cette dernière fixait ses mains jointes entre ses cuisses. Constatant que le silence s’étendait, elle leva les yeux au moment où Tiphaine reportait son attention sur elle. Leurs yeux s’accrochèrent à nouveau mais aucun sourire n’était présent cette fois, elles se regardèrent comme avant l’interruption du contrôleur. Mais Sung Yi trouvait que c’était maintenant forcé, qu’à présent qu’elles se connaissaient un petit peu mieux, leur confrontation avaient perdue de son charme, de sa magie. De plus, maintenant qu’elle savait que Tiphaine pensait comme elle, elle ignorait pourquoi mais cela rendait la chose moins trépidante, comme si placer des mots sur ce qu’elles faisaient et ressentaient en avait ternis l’éclat. Pourtant, elles se regardaient dans les yeux. Sung Yi se redressa sur son siège, pour faire face à Tiphaine qui posa à nouveau ses mains sur la table, à plat. Sung Yi l’imita et avança le bout de ses doigts vers ceux de la blonde jusqu’à ce que le bouts de leur doigts se rencontrent, s’affrontent peau contre peau, ongles contre ongles. Bientôt leurs doigts s’entrelacèrent à nouveau et les voilà dans la même position qu’avant le contrôleur.

« Je pense qu’on est prête à recommencer. » dit Tiphaine qui parlait décidément beaucoup trop.

« Je pense aussi. » répliqua Sung Yi.

Ne voulant pas laisser la moindre sympathie s’installer davantage entre elles, Sung Yi serra les doigts de la blonde entre les siens. Tiphaine répliqua en nature et les deux jeunes femmes se mirent à essayer de se tordre mutuellement les doigts sur la table, plantant leurs ongles dans le dos de la main de l’autre. Leurs mains se livraient un féroce combat sur la table pendant que le train avançait vers son terminus et que le soleil entamait tranquillement sa descente vers l’horizon, colorant l’espace d’une atmosphère de feu.

« Je dois aller retrouver mon copain et rassembler mes affaires. » finit par dire Tiphaine, les yeux figés dans ceux de Sung Yi.

Celle-ci, comme s’éveillant d’une hypnose, cligna des yeux et dénoua ses doigts de ceux de Tiphaine.

« Bien sûr, vas-y. »

Tiphaine se leva à contrecœur mais Sung Yi l’attrapa par le poignet :

« Peut-être que nous pourrions rester en contact ? »

Tiphaine baissa les yeux sur la main de Sung Yi autour de son fin poignet puis les leva pour fixer Sung Yi dans les yeux.

« Nous nous rencontrerons à nouveau sois en sûr. »

Sung Yi frissonna mais fit de son mieux pour ne rien laisser paraître. Ne lâchant pas le poignet de sa rivale, elle se leva elle aussi puisque de toute façon elle descendait aussi du train. La voyant se lever, la blonde déplaça sa main pour se dégager de l’étreinte de Sung Yi et attrapa sa main pour entrelacer leurs doigts, comme les amants font et, la regardant toujours, avança pour pouvoir la croiser dans le couloir de sièges. Leurs poitrines se collèrent, leurs nez se frôlèrent, leurs souffles se mélangèrent. Sung Yi la fixait avec froideur et Tiphaine le lui rendait bien. A reculons, cette dernière entraîna Sung Yi jusqu’au fond du wagon jusqu’à pouvoir, d’une main dans le dos cherchant à tâtons le bouton, ouvrir la porte à air comprimé. Toujours yeux dans les yeux, sans ciller, elles progressèrent jusqu’à la voiture suivante jusqu’à deux sièges, dont l’un était occupé par un jeune homme endormi contre la vitre, un filet de bave dégoulinant de sa bouche ouverte. Sans quitter Sung Yi des yeux, Tiphaine étendit une main pour recueillir la salive de son petit amie et approcha sa main mouillée de Sung Yi qui, sans cesser de regarder son adversaire, eut un léger mouvement de recul. Une ombre de sourire passa sur les lèvres roses de Tiphaine qui lécha sa main pleine de la salive de son amoureux, puis cracha dans sa paume, faisant reporter sur eux l’attention des rares passagers qui ne les fixaient pas déjà avec interrogation devant ce drôle de ballet.

« Faisons une sorte de pacte, souffla la blonde avec des yeux fous, j’adore ce genre de trucs. »

Sung Yi ne pouvait dénier le fait qu’elle aussi. Une de ses mains toujours entrelacée avec celle de Tiphaine, elle porta l’autre près de sa bouche et cracha à son tour dans sa paume. Quelques commentaires de mamies écœurées et indignées s’élevèrent.
Les deux jeunes femmes unirent leur paumes pleine de leur salive faisant se mélanger celles ci et elles les frottèrent ensemble, de bas en haut, de droite à gauche, pour être sur que leur salive seraient bien mélangés, ne formerait qu’un liquide bien homogène.

« Je promet que nous nous reverrons pour nous battre.
-je promet que nous nous reverrons pour nous battre. »

A ce moment-là, le petit ami de Tiphaine se réveilla, comme perdu, ne sachant plus où il était. Il aperçu sa petite amie. Elle tourna la tête vers lui en séparant sa main de celle de Sung Yi.

« Nous sommes arrivés mon amour. »

Pendant que le jeune homme se levait péniblement et s’étirait, les deux jeunes femmes se firent face, se regardèrent dans les yeux une dernière fois. Sung Yi voulait marquer ce visage et ces yeux dans sa mémoire à jamais. Elle détourna les yeux lorsque le petit ami de Tiphaine s’adressa à elle pour la saluer. Elle lui sourit, regarda à nouveau Tiphaine pendant quelques intenses secondes, son sourire s’effaçant puis fit demi-tour et sortit de cette voiture pour rejoindre la sienne. Des gens étaient déjà en train de se lever. Elle regagna sa place et constata qu’elle avait laissé son sac à main et son livre sans surveillance. Sans parler de sa valise au-dessus dans l’espace prévu à cet effet. Elle s’assit et soupira, perdue dans ses pensées. Elle était déçue que ce soit déjà la fin mais heureuse d’avoir vécue toutes ces aventures aujourd’hui. Plus que jamais elle savait que son rêve était réalisable. Du coin de l’œil elle perçut un mouvement à travers la porte menant à l’espace entre les voitures. C’était le petit garçon blond de tout à l’heure qui la fixait dans les yeux. Elle faillit sourire. Elle l’avait presque oublié. Elle et luise fixèrent à travers les vitres de la porte jusqu’à ce que le train s’arrête. Là, le petit garçon se fit entraîner par ses parents et la foule descendant du train. Comme d’habitude, Sung Yi attendit tranquillement que presque tout le monde soit descendu en feuilletant distraitement son livre. Lorsqu’il n’y eut plus personne, elle se leva, attrapa sa petite valise bleue, son sac à main et sortit du train, ajustant son manteau sur ses épaules. Le tempes était frais, la nuit tombait, colorant l’air de bleu marine, le même qu’avait sur les ongles Tiphaine. Elle essaya de la chercher du regard mais elle devait déjà être partie depuis longtemps. Une fois sur la place de la gare, elle ne tarda pas à trouver son amie, EJ, qui se rua sur elle pour l’enlacer. Leur poitrine se rencontrèrent et se pressèrent l’une contre l’autre et elles se serrèrent avec force, comme deux lutteurs voulant s’étouffer. Sung Yi aimait ce genre de câlin. Premièrement parce qu’elle imaginait justement que c’était une étreinte d’ours, un « bearhug » comme on dit dans le domaine mais surtout parce que pour EJ, cette jeune femme vietnamienne, il n’y avait aucune ambiguïté possible. Elles se serraient de toute leur force par amitié, point. Et même si elles s’étouffaient presque et qu’elles en avaient mal aux seins, ce n’était qu’une démonstration théâtrale de leur amitié réciproque. Sung Yi pouvait donc se lancer à cœur joie dans son imagination. Qu’EJ et elle avaient pour habitude de se serrer de toutes leur force pour prouver à l’autre qu’elle était plus forte. Après cette longue étreinte les laissant toutes les deux essoufflées, EJ matraqua Sung Yi de mille et une questions à propos de son voyage, de son séjour dans la capitale, de ce qu’elle avait fait, vu, si elle avait côtoyée des garçons etc. Sung Yi lui raconta tout mais resta silencieuse quant à ses dernières péripéties avec l’africaine, Tiphaine et le petit garçon, qui restait dans un coin de sa tête. Main dans la main, elles se dirigèrent vers la voiturette d’EJ et rentrèrent à leur studio en passant par un traiteur asiatique.

A suivre.
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Offline Tiberius J.C.

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Re: Sung Yi 1 : In the Train (FRENCH)
« Reply #1 on: April 12, 2022, 07:30:06 PM »
Voilà un conte pas comme les autres et très bien écrit. Félicitations !